En attendant Godotte (ou Beckett au féminin)

Dans sa pièce En attendant Godot, écrite au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’écrivain irlandais Samuel Beckett (1906-1989) a mis en scène l’existence humaine dans ce qu’elle a de plus absurde et de tragi-comique. Les deux protagonistes passent leur temps, et en fait toute la pièce, à attendre un certain Monsieur Godot qui … ne viendra jamais.

Dans ce contexte plutôt désespérant, même les relations humaines proches, comme l’amitié, qui peuvent certes parfois aider à supporter la solitude et la tristesse de la vie quotidienne - ne serait-ce qu’en couvrant le silence d’un bavardage sans fin - risquent à tout moment de tourner en un rapport de dépendance ou de domination malsain, comme le démontre aussi le couple grotesque de Pozzo-Lucky.

A plusieurs reprises, l’auteur s’est opposé à ce que ses célèbres clochards soient interprétés par des femmes. N’en déplaise au Prix Nobel de la littérature (1969), les élèves du cours AMOS (2es classes) nous ont prouvé dans leur projet final que ce défi valait la peine d’être relevé (le seul homme de la troupe était au piano). Dans un spectacle composé de quelques scènes-clés, le public a découvert non seulement les interrogations existentielles de l’auteur, mais aussi sa drôlerie clownesque, une composante tout aussi essentielle de l’oeuvre beckettienne.

D’une manière générale, les pièces de Samuel Beckett se prêtent fort bien à l’enseignement de AMOS (Akzentfach Moderne Sprachen) puisque l’écrivain, de langue maternelle anglaise, les a souvent écrites directement en français tout en en assurant lui-même la traduction en anglais (et parfois aussi en relisant minutieusement la version allemande). Le résultat trilingue correspond donc parfaitement à l’esprit de cet Akzentfach qui essaie de réunir les trois langues autour d’un thème linguistique, socioculturel ou littéraire.

 
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